Quand la philosophie se transforme en mélodie
Le comemando de M. Jod est omniprésent à Ouarzazate. Personne ne sait encore quand est ce que ses membres passeront-ils à l'acte ? Mais, les faits sont là et témoignent de ce qui est "commis" de jour comme de nuit. La création musicale est un devoir, pense M. Jod. Pas question de se dérober.
Leur rythme, préoccupations, accent et intonation donnent l'impression que leur secret n'est qu'à moitié divulgué. Ils en gardent encore comme une carte atout. Des jeunes qui vivent amplement leur temps. Dépaysés ? Loin s'en faut.
Ils concrétisent à merveille cette propension de tout un pays, à être pluriel, multiple et ouvert, mais surtout jeune.
Ils chantent, en effet, en arabe marocain, en berbère, en français ou en anglais. Ils ont parfois même tendance à recourir au code switching. Histoire de satisfaire cette soif de découvrir tous les horizons. A cet âge, c'est plus qu'un droit. Le Gnaoui, le raï, le rap, le reggae et l'ahwach, autant de registres puisés pour composer les couleurs rythmiques de leur répertoire mélodique. Le style c'est l'Homme disait Buffon, et ces jeunes sont imprégnés d'une culture plurielle qui leur permet d'avoir leur propre cachet.
Le contenu quant à lui dénote d'une prise de conscience aiguë. Un engagement à part. Naïf pour les uns, limpide pour les autres. Ils abordent toutes les réalités sociales, économiques et politiques. Parfois avec une audace que seuls les artistes savent transpercer. Le tout dans une harmonie artistique certaine.
C'est ce qui compte, d'ailleurs.
Pour les six membres du commando, il n'existe pas de temps, ni de lieu particuliers pour l'expression de l'art jodique. Sur les murs des maisons de Sidi Daoued et de Taourirt, des lycées et collèges de tout Ouarzazate, M. Jod passe pour une connaissance de vielle date. Pourtant, ce groupe de musique ne compte qu'une année et poussières d'existence. Preuve de cette aura à l'appui, leur dernière "Tempête noire", premier album, n'a pas laissé indifférente une jeunesse ouarzazie en manque de création. Anouar, Houcine, Rabiî, Noâman, Imad et Habib sont des jeunes, dont l'âge varie entre 20 et 26 ans. Mais sur scène, ils se transforment en soldats au service de M. Jod. Ils prennent aussitôt les noms de guerre : Amnay, Amdiaz, Tast, Smaq et Kala. Habib, la dernière recrue, cherche encore sous quelle appellation il compte renforcer les lignes. Idéal ? Si, mais eux, du moins, ils y croient dur comme fer.
Mais, qui est M. Jod ? Anouar ou le soldat Tast, explique qu'il s'agit d'un personnage venu d'un autre monde et dont les trois lettres résument une philosophie tout à fait profonde : "Jamais Oublier mes Droits", "Jamais Oublier mes Devoirs" et partager ce qu'on a à la fois. A les entendre spéculer "jodiquement" sur leur passion, ces jeunes font bien plus que leur âge.
"M. Jod nous vient de l'au-delà, du monde des ténèbres et des impasses. En fait, il nous revient pour partager avec nous son expérience en paroles et en mélodies", essaye d'expliciter, non sans conviction, le jeune chanteur. Voilà un autre groupe de musique convaincu qu'entre mélodie et philosophie existe un rapport intrinsèque particulier.
Leur engagement, il y a presque une année de cela, dans les rangs de M. Jod émane de cette inspiration philosophique profonde. En cela, ils s'imprègnent à la fois des groupes fétiches, Nass El Ghiwane, comme les Dire Strait en font partie. Leur entrée sur scène, souvent théâtralisée, éclaire sur cette idée qu'ils veulent transmettre.
Les soldats de M. Jod sont complètement certains d'être chargés d'une mission. Ils doivent diffuser et communiquer, à la faveur des airs et des mélodies, le message essentiel de celui qui leur offrit la vie : Croire en son pays, en ses racines et son peuple.
"Avec des mots crus, un humour corrosif et un sens inné de la narration, M. Jod essaie de former ses textes en arabe, français, berbère et parfois quelques phrases en anglais", abonde celui qui a quitté le métier de technicien agricole pour embrasser le monde de la musique. Les appels de M. Jod sont toujours à exécuter.
Site officiel du groupe: mrjod.com
Mustapha Elouizi
SOURCE : Al bayane

Album "Amazagh". Les hommes et les femmes du groupe Tartit sont des Touaregs de la confédération des Kel Antessar installés dans la région de Tombouctou et de Goundam, dans la boucle du fleuve Niger, au nord du Mali.
Ils sont une composante de ce peuple nomade présent depuis des millénaires sur les vastes territoires sahariens et sahéliens de l’Afrique et représente actuellement entre 1.5 et 2 millions d’individus. Il est rattaché a la grande communauté amazighe, les Touaregs sont de la même famille que les Kabyles, les Rifains ou encore les Guanches des Iles Canaries...Ils partagent avec eux les bases de leur culture et de leur langue, mais ont été les seuls à conserver l’usage de l’alphabet tifinagh utilisé jadis par l’ensemble des Imazighen.
L’appellation "touareg" a été attribuée à ces nomades par les Arabes puis repris par les Français,. Quant à eux, ils préfèrent se nommer en des termes comme :
Kel Tamacheq (ceux de la langue amazighe)
Kel Taglmoust (ceux du voile )
Imajeghen (les hommes libres)
Les membres du groupe Tartit ont fuit la répression de l’armée malienne et ont rejoint le camp de réfugiés de Bassikounou à l’extrême Est de la Mauritanie. C’est à l’occasion de cette rencontre exceptionnelle en un même lieu de population vivant normalement dispersée que le groupe s’est créé, composé de plus de 20 artistes à ses débuts.
La musique, les chants et la poésie occupent une place prépondérante et fondamentale dans la société touarègue. Dans le chaos engendré par tous les bouleversements de ce siècle, ils demeurent un repère garant de l’identité amazighe.
L’ensemble des confédérations touarègues ont en commun une certaine pratique musicale, la prépondérance de la voix sur l’instrument.
source: tamazgha.fr
Le groupe Providence a vu le jour en 1999, tous vivent à Montpellier et s'accordent intelligemment du mélange des cultures. Depuis leur début, les quatre gars qui composent le groupe (Serino, Abdelino, Akdil et Ben Dilak) ont multiplié les scènes et les colloborations avec des artistes de renommée internationale (1ère partie de Raekwon du Wu Tang en 2006) et locale (collaboration avec Boss Phobie, groupe historique du rap montpelliérain).
Aujourd’hui, avec la sortie de leur album "Entrée en scène", Providence défie la concurrence tout en prônant l'union, dans la pure tradition des joutes hip-hop : textes affûtés en majorité en français et en berbère, tandis que se mêlent les beats hip-hop, les scratches de DJ Get Down et de DJ Taj Mahal, et les échos orientaux du guembri, des qaraqebs et du bendir. Providence ose tout, alternant l'ombre et le soleil. L'originalité des compositions, la fusion Orient-Occident et la pertinence des thèmes abordés sortent Providence du lot.
L'alchimie de son univers multiculturel fonctionne. Et si Providence crée un style avant tout destiné à sa génération, c'est à tout le monde que son rap s'adresse. Quatre jeunes à suivre de très près.
source : musicast.fr